Sunday, July 1, 2018

La vie, la maladie mortelle par excellence.

Tant que dure la vie, dure la maladie, et tant  que persiste la maladie, le vie continue: la mort est peut- être, sinon une chance, du moins une forme de guérison, la dernière et la plus sûre; peut- être.

Tout va mal, on arrive toujours trop tard, mais on ne persiste pas moins à vouloir vivre. Il faut être humain pour être aussi dingue.

Tout comprendre et tout dire des travers: sait- on que cela peut entraîner des crimes et même des guerres?

On est peut- être encore plus responsable de ce qu'on fait inconsciemment, de ce qu'on ne fait pas, que de ce qu'on fait.

Ce n'est qu'au bout de vingt ans qu'il comprit qu'il avait commis à l'encontre de quelqu'un une terrible injustice. Vingt ans! Mais cela ne l'empêchait pas de croire intelligent et juste.






Il occupe des fonctions très élevées aux plus hauts échelons de l'Etat; on pourrait le croire intelligent, cultivé, brillant, talentueux, honnête, travailleur, compétent, juste, impartial, incorruptible. Que nenni! Ce n'est pas à ses qualités, d'ailleurs inexistantes, d'intelligence et d'intégrité qu'il doit d'avoir été choisi pour tel poste particulièrement convoité: c'est parce qu'il a été, pour des raisons qu'il est préférable de ne point énumérer, choisi pour tel poste, telle fonction, qu'on le tient pour intelligent, brillant, admirable. Mais en fait ce n'est qu'un lamentable larbin, un pleutre, un infâme dégueulasse.

Monsieur, vous n'êtes qu'un minus, mais vous n'en avez conscience, tant vous êtes con. Même ceux qui vous savent un minus n'en parlent ouvertement. Il y a ceux qui vous méprisent et ceux qui feignent de vous respecter. Il y a aussi ceux qui ne font attention à vous et ne savent même que le minus que  vous êtes existe. Pour l'heure tout va bien pour vous: vous êtes riche, influent et il y en a qui vous admirent, à moins qu'ils ne fassent semblant. Mais, Monsieur le minus, pensez- vous que vos enfants toujours ignoreront que leur père fut une ordure, un salaud, un fumier?  Avez- vous songé au sort que vous leur réservez par la grâce de votre infamie? Non; certainement pas. Car vous êtes trop con et trop bas pour cela.

Madame, on dit de vous des choses horribles, tellement horribles que l'on éprouve quelque réticence à les rappeler. A vous, cependant, on évite de vous dire que vous êtes laide, conne, malhonnête, inélégante, grossière, vulgaire, bref que vous êtes méprisable et répugnante. Mais pour pendant combien de temps encore? Pour l'instant, votre situation, que vous devez à la sueur, dit-on, de vos joues, vous protège. Mais, ne vous amusez à croire que cela indéfiniment durera.

Excellence, vous n'êtes guère aujourd'hui différent de ce que hier vous étiez: vous êtes toujours aussi sot, aussi arriéré, aussi lâche, aussi malhonnête, et personne ne vous, non sans raison, respectait. Mais aujourd'hui, vous êtes ministre: on vous respecte, on vous admire même. Cependant vous n'êtes pas de tous admiré; seulement de ceux qui vous ressemblent, des attardés mentaux, des ploucs. Si d'aventure, vous n'êtes plus ministre demain, vous aurez intérêt à vous exiler ou, si vous en êtes capable, à vivre en reclus, car je crains fort que l'on ne vous méprise bien plus encore qu'avant, à l'époque où vous n'étiez pas encore ministre.

Sans doute êtes- vous Président; mais de la République? Il faudra pour cela attendre que des républiques voient le jour, ou se rendre sur une autre planète.

Ils justifient les calamités d'aujourd'hui, dont ils sont responsables, en invoquant celles d'hier dont ils sont innocents, mais qu'ils répètent volontiers, et en arguant que la situation pourrait être pire et le sera certainement demain, quand ils ne seront plus là, car ils sont incapables de concevoir qu'on puisse trouver (au sens de Picasso) mieux que ce qu'ils font: ce sont, croit- on savoir, des hommes politiques. J'ai un ami qui inclinerait à penser que ce sont plutôt brigands, des criminels.






Saturday, June 30, 2018

Se lever en pleine nuit et se sentir las; trop las pour faire quoi que ce soit, trop las même pour essayer de retrouver le sommeil.

L'activité intellectuelle peut s'avérer le plus grave obstacle à l'exercice de la pensée, vu qu'on risque de la tenir pour le penser de la pensée même.

Peut- être l'être humain (l'être humain surtout, quoique tout être, humain ou pas, aussi, éventuellement) est-il dans la pensée, comme l'eau est dans l'eau: d'où alors la nécessité pour lui de cet éloignement de la pensée, de ce mur qu'est le monde, pour qu'il puisse cheminer vers la pensée, 'marcher vers une étoile, et rien d'autre'.

Le monde éloigne de la pensée qui éloigne du monde afin qu'on le puisse dé- couvrir; peut- être.

On s'étonne de bien des choses, mais rarement de ce qui est vraiment étonnant.

Ils voient de l'opinion partout: c'est à se demander s'ils ne sont pas eux- mêmes que des opinions, creuses, vides, éphémères et inutiles comme  toute opinion.





Thursday, June 28, 2018

Un livre qui serait immédiatement de tous compris, que l'on aurait, le livre refermé, entièrement épuisé, ne pourrait, en admettant que cela puisse exister, valoir grand- chose.

L'ouvrage le plus médiocre, l'ouvrage le plus atroce et ridicule même , se transforme grâce au lecteur, pourvu qu'il sache lire; et l'ouvrage alors produit par la lecture n'a plus rien à voir avec les ordures publiées par des pornographes qui s'ignorent.

L'oeuvre ne présente quelque intérêt que si elle fonde son propre langage, lequel ne peut d'abord qu'être incompréhensible  même pour le plus avisé d'entre les lecteurs, qui, lui, n'en est pas dupe et reconnaît au moins l'immensité de la tâche qui l'attend.

Sous sa vaine apparence de lisibilité, toute oeuvre demeure foncièrement illisible, ne serait-ce que parce que l'on en a jamais fini de la lire.

Il n'est pas impossible que sachent lire ceux- là seuls qui doutent d'en être capables.

Seule la lecture peut sauver le monde, mais non seulement ne lit- on pas, mais, pire encore, on croit lire, et il en résulte toutes les catastrophes les plus effrayantes, les plus inattendues.

Tuesday, June 26, 2018

Sait-on jamais ce que l'on fait et pourquoi l'on fait ce qu'on fait? Il est permis d'en douter. Certes, on croit toujours et , plus que souvent, on est même convaincu de savoir ce que l'on fait et pourquoi on le fait.  Mais si on savait ce que l'on fait et, surtout, si on pouvait savoir pourquoi on fait ce qu'on fait, on ne le ferait sans doute pas.

Quand on fait quelque chose par obligation, c'est un peu comme si ce n'était pas soi- même qui en est l'auteur.

Il y a des gens assez ignobles pour en forcer d'autres à commettre certaines actions, à accepter de subir des humiliations.

Chaque minute passée à ne rien faire, chaque minute qu'on se laisse voler par des agents extérieurs ou intérieurs, est une minute morte, une minute qui n'aura pas existé pour soi.

Comme les vaches qui regardent passer les trains sans les voir, tu as laissé passer le train de la vie, tu n'as pas osé, par paresse ou par lâcheté, t'opposer à tout ce qui t'empêchait de vivre; bien au contraire, tu t'es fait le complice des forces, des influences hostiles à ton épanouissement sur les chemins de la vie.

Un jour vient où tu te sens soudain fatigué, tu n'as plus la force, ni l'envie de rien: c'est que tu as vieilli, pauvre con! Et ça n'a pas forcément quoi que ce soit à voir avec l'âge.






Si jamais on concède la possibilité de quelque sens mélioratif au concept de démocratie, il faudra, alors, au moins reconnaître que ce qu'il faut craindre, ce n'est pas l'absence même ou l'insuffisance de démocratie, mais l'illusion de démocratie qu'exploite toute volonté de dictature.

Le plus grand obstacle à l'harmonie intersubjective aussi bien que collective, et, bien plus encore, sociale, c'est le langage courant, lequel, riche en clichés, impossibilise tout exercice de la pensée, tout en promouvant l'illusion dudit exercice.

Ils se moquent bien du bonheur, dont ils ne sauraient que faire, mais que l'on ne commette à leur encontre le crime impardonnable de leur enlever l'illusion du bonheur.

Quoi qu'on fasse ou ne fasse pas, ce sera toujours une sottise: un crime dans le pire des cas ou, alors, une maladresse.

Seule une âme médiocre sera convaincue d'avoir réalisé une grande oeuvre, quelque chose d'extraordinaire: le plus banal incident est, à ses yeux, un événement, et l'oeuvre la plus insignifiante un chef- d'oeuvre.

Quel écrivain ( je parle des vrais écrivains, et non de ces débiles mentaux qui croient écrire) n'aura, se relisant, été pris de honte et du désir de s'aller cacher au fond d'une forêt!










Monday, June 25, 2018

Il m'arrive encore de lire, parfois, des journaux, mais c'est pour à chaque ligne me demander si ceux qui y écrivent, en tout cas la plupart d'entre eux, comprennent la portée, diversement plurielle (et c'est tant mieux), de ce qu'ils ont la naïveté d'écrire.

Quand quelqu'un ose déclarer qu'il est journaliste (mais tous ceux qui écrivent dans le journaux ne pratiquent le journalisme), je me dis qu'il n'y a aucun sens à lui demander s'il n'en a pas honte.

Bien des policiers, et peut- être même tous les policiers, ne voient, sauf quand ils sont confrontés aux riches et puissants, que des voyous et des criminels partout, mais peut- être n'ont- ils pas tort, même s'ils ne regardent pas toujours là où il faudrait.

La Police n'a pas pour fonction de faire respecter la loi et de protéger le public: ce n'est, en tout cas, pas pour cela qu'elle a été, il n'y a pas si longtemps, créée, mais il y aura peut- être eu quelque évolution dont je ne me serais aperçu.

La justice, c'est infiniment plus vaste et profond que la loi; un jour, on comprendra peut- être que la justice et la loi sont, l'une à l'autre, étrangères.

Qu'est- ce que la vérité? Sans doute existe-t-elle, mais est-elle accessible aux sens, à l'entendement? Certains pensent, il est vrai, qu'on peut (même) dire la vérité, mais il est vrai qu'ils sont désespérément sots.