Wednesday, July 7, 2021

 Faire de chaque instant de sa vie une oeuvre d'art, c'est certainement difficile, sans doute - pire encore - impossible, mais on peut au moins essayer.

Tant que l'être humain n'aura pas été libéré du travail, il ne pourra vivre sa vie.

Vivre sa vie, ça peut avoir l'air simple et, même, naturel, mais quand passe sa vie à survivre, on ne vit pas.

Il est possible d'imaginer une autre forme de survie, du survivre qui consisterait à s'elever au - dessus  ( au sens de sur, de above, de uber, de sopra ) de la vie, de la vie au sens courant à laquelle il faut survivre afin de vivre au - dessus d'elle, afin de vivre enfin, mais pour l'heure, cela demeure plutôt confus.

L'homme peut se libérer et même être libéré de tel ou tel asservissement, mais il ne sera libre que pour autant qu'il ait  - si tant est que ce soit possible - choisi, lui - même, indépendamment de tout et de tous,  et joyeusement d'une joie authentique son asservissement.

Les hommes acceptent de vivre, de survivre en fait, dans la misère et la honte, dans le but d'y survivre

Quand on a vécu dans la honte, il faut au moins s'efforcer de mourir dans la dignité, mais sans confondre la dignité avec ce qui n'en est que, n'en a que l'apparence.

Tuesday, July 6, 2021

 Seul ce qui n'existe pas  ou n'existe pas encore pourrait  peut - être, encore que rien ne soit moins sûr, un jour exister, tandis que ce qui exites ne peut que continuer d'exister, en attendant de disparaître.

Ce qui n'est pas est, pour les êtres humains, la condition invisible, silencieuse et  absente (sauf théoriquement), de ce qui est.

Seuls les vivants peuvent mourir, ce qu'ignorent manifestement bien des vivants.

Que de gens croient vivre, alors qu'ils ne font que dépérir. 

Pour vivre, il faut commencer par survivre, non sans se mettre en capacité de surmonter cette étape qu'est la survie, qu'est le survivre.

Est -ce parce que la vie ne vaut rien qu'il faut tout prendre au sérieux, mais en ne prenant rien au sérieux?



 L'âge vient, le temps s'en va, tout fout le camp, et il en a toujours été ainsi, mais ce n'est que maintenant, en ce maintenant qui surgit parfois bien tôt, le plus souvent toutefois bien tard, quand on sent déjà l'imminence de la froideur de la mort, que l'on s'en rend compte, tantôt résigné, tantôt dévoré d'amertume: tout ça pour en venir là! C'est vraiment trop con pour être vrai, et pourtant...

Que la vie ne soit rien d'autre qu'un cheminement, plus ou moins long, plus ou moins court, vers la mort, n'importe quel analphabète l'a toujours su, mais il faut croire que même les analphabètes ne sont pas si nombreux.

En disant que la vie, que toute vie est précieuse, on ne dit rien d'autre que ceci, que la vie a un prix et ce prix, on le sait bien, c'est la mort, mais on voudrait bien n'en rien savoir.

De même que c'est dans l'obscurité la plus sombre que l'on éprouve un cruel besoin de lumière, c'est quand on se sent proche de mort que l'on a le plus envie de vivre ou plutôt de simplement rester en vie, mais que le sentiment de la proximité de la mort s'éloigne, et  l'on a vite fait d'oublier l'urgence de vivre.

On peut souhaiter mourir vingt fois, mais on ne meurt qu'une fois.

Il s'agit, pour l'être humain, moins de vivre caché (pour être heureux) que de mourir caché ( pour ne point exposer l'indignité impuissante de son cadavre).








Monday, July 5, 2021

 Il y a toujours des raisons et même de très bonnes raisons à tout, à n'importe quoi, y compris et surtout à ce qu'il peut y avoir ou/et à tout ce qui peut se produire des plus laid, de plus ignoble, de plus inacceptable et de plus révoltant, surtout chez cette pourriture qu'est l'être humain, et quand il n'y en aurait pas (de bonnes raisons), on en aurait vite fait d'en inventer, d'en trouver pour expliquer et justifier toutes les monstruosités dont on est capable en tant qu'être humain. Mais seulement voilà: avoir des raisons, ce n'est pas forcément avoir raison!

Quand quelqu'un tient à tout prix, avec un acharnement dont même les bêtes sauvages ne sont pas capables, à avoir raison, à justifier avec une mauvaise foi tellement évidente que c'en est ridicule tout ce qu'il fait et dit - mais ne pense pas, vu qu'il en est incapable -, on peut être sûr qu'il a tort et, peut - être même, soupçonner qu'il n'en ignore rien.

Tout ce qui est réel est vrai, mais nous savons si peu ce qu'est le réel et aucunement ce qu'est le vrai, ce dont presque personne n'a l'air de s'affliger.

L'expression "avoir raison" est dans bien des langues, voire dans toutes les langues, même dans les langues où l'expression renvoie , non à l'avoir, au fait d'avoir, à la possession, sinon à la propriété, comme c'est le cas en français, en espagnol, en suédois (at hatt), en danois (at have ret et en allemand (recht haben )aussi bizarrement - vu qu'il ne s'agit pas de langues romanes - mais à l'être, comme c'est le cas dans les langues germaniques de langues germaniques, tout comme l'anglais où il est question de to be right ou le portugais, langue pourtant romane, où l'on dit estar certo, est, pour le moins une expression maladroite. Quoi qu'il en soit, l'idée maîtresse est toujours celle de la possession, de la détention, comme sil'on pouvait détenir la raison, en être le ou la propriétaire. Je n'ignore pas qu'en disant de quelqu'un qu'il a raison, onveut dire, non pas qu'il est le détenteur de la Raison, mais qu'il a, dans telle ou telle circonstance, raisoN. L'expression n'en est pas moins malheureuse et même franchement ridicule, pour ceci au moins que la raison n'appartient à personne et qu'elle demeure, du moins pour les humains, inaccessible. D'où, sans doute, la dimension théologique du concept de raison et sut de Raison chez les plus grands philophes eux-mêmes. L'être humain a besoin de bondieuseries pour concevoir la raison, mais il n'y a pas aue l'être humain, comme Nietzsche l'avait fort bien  compris.

L'être humain en est toujours à un stade infantile de son développement; c'est pour cela qu'il a grand besoin de dieux ou, mieux de Dieu, pour avoir l'assurance d'avoir raison, car Dieu n'est rien d'autre - et cela n'a rien de péjoratif - qu'un alibi.

Vienne le jour où les hommes n'auront plus be soin de dieux ni, surtout, de Dieu: ils seront alors libres, même s'ils seront confrontés à d'autres problèmes.




Sunday, July 4, 2021

 On n'a pas à regretter de perdre son temps, mais on doit regretter de le perdre bêtement.

Quoi qu'on fasse, on ne peut que perdre son temps.

Les grands hommes sont humbles: ils peuvent se permettre d'être humbles.

Il est noble d'être humble, nullement d'être docile et soumis.

L'humilité n'est pas un état, c'est plutôt un comportement.

Les gens inférieurs se sentent toujours agressés, c'est pour cela qu'ils sont si agressifs.


Saturday, July 3, 2021

 La vie est une illusion que les animaux humains prennent pour la réalité telle qu'elle est depuis et pour toujours, mais les animaux eux- mêmes voient, entendent, sentent et savent ce que les humains ne sont pas capables de seulement soupçonner.

Plus d'un acte de générosité obéit à des intentions peu avouables, voire criminelles, en tout cas honteuses.

On ne s'accroche pas à la vie, mais à la volonté de la détruire et de la refaire.

Le monde est le lieu de l'immonde, d'où le désir de s'en éloigner d'une manière ou d'une autre.

'La société, c'est la guerre," disait non sans raison Rousseau; il avait, cependant, oublié de commencer par observer que la nature, c'est la mort.

Ce n'est pas la Nature elle - même que Rousseau adorait, mais la beauté de la Nature et tout ce qu'elle représentait et signifiait pour lui.




Wednesday, June 30, 2021

 Le présent, c'est ce qui toujours est et est toujours égal à lui - même est. S'il en est bien ainsi, cela signifie que rien ne peut s'ajouter au présent qui n'y soit déjà, et que rien n'en peut être retranché, sans qu'il ne cesse d'être présent, d'être le présent de la présenteté du présent. 

Mais si rien ne peut s'ajouter au présent qui n'y soit déjà, qui ne s'y trouve, c'est pratiquement comme si tout ce qui se passe à tout moment ne se passait pas vraiment, car ne pouvant entrer dans la composition, qui toujours tout précède, de présent qui , en tant que présent, est toujours déjà présent.

Dans ce qu'on nomme, sans trop savoir ce qu'on dit - comme c'est souvent, comme c'est presque toujours le cas -, certaines cultures, tout ce qui se passe  sur terre, voire partout et n'importe où, n'est qu'illusion, relève de ce que la tradition védique appelle la maya, et Lacan ne dit pas autre chose, qui, concevant la réalité en tant que "grimace du réel", en tant qu'imaginaire - lequel n'est aucunement possible sans l'apport du symbolique, du langage -, la distingue du réel dont il précise qu'il est l'impossible même, en ceci qu'on ne cesse jamais d'y essayer d'atteindre.

Le présent, puisqu'il comprend tout ce qui est, abrite forcément en son sein ce qui n'est pas, ce qui existe en tant que n'existant pas, mais également tout ce qui n'aura jamais été et tout ce qui jamais ne sera.

Ce qui n'est pas - appelons cela l'inexistant - existe en tant que n'existant pas; tel est son statut existentiel: il EST inexistant.

L'existence, disent d'aucuns non sans raison peut-être,  n'est pas vaine, n'est pas inutile, elles est - et c'est bien pire - lassante, tellement lassante qu'elle ne donne pas envie  de vivre, ni même d'exister.