N'importe qui peut souhaiter ne point être vulgaire, mais ce souhait, ce désir, fussent-ils sincères et accompagnés d'efforts, d'actions pour échapper à la vulgarité, demeurent vides aussi longtemps qu'on n'est pas parvenu à éloigner de soi toute forme de vulgarité, et il s'agit d'une tâche à laquelle il n'est pas de fin.
Un être vulgaire, c'est quelqu'un pour qui toutes les fins et tous les moyens sont bons aussi longtemps que ss intérêts personnels sont satisfaits.
Sunday, December 2, 2012
L'être humain est cet animal capable de se consoler de tout, y compris de qu'il y a de pire, de plus laid, de plus honteux dont il serait lui-même responsable, et c'est vraiment désespérant, mais, il faut en même temps reconnaître s'il ne jouissait de cette faculté, il y a peut-être longtemps qu'il n'y aurait plus du tout d'être humain sur la terre, et tout le monde, de s'en réjouir, tout le monde ou presque, car il en est qui ne voient là aucun motif de joie.
Saturday, December 1, 2012
Quelqu'un me demande si on peut, à vingt ans, être assez mûr pour être père: question naïve mais qu'on ne peut ne pas se poser, qu'il faut bien que l'on (se) pose, non pour y répondre, vu que la réponse, on la connaît: on n'est jamais assez mûr, on ne peut jamais être assez mûr pour être père, vu que ce n'est peut-être même pas une question, mais parce qu'elle en suppose d'autres par les quelles on n'est pas le plus souvent effleuré et qu'on devrait pourtant passer sa vie à méditer: qu'est-ce que je fais là? que dois-je faire? que puiis-je savoir?, et bien d'autres encore.
L'autre, quel qu'il soit--------être, comme on dit, humain, animal, plante, chose-----------, n'est autre que s'il est et demeure autre, ce qui n'est possible que si on fait tout ce qui est possible, et même l'impossible, pour que ne soit souillée son altérité radicale qui, pour n'être pas, pour n'être jamais entièrement radicale-------------sauf peut-être dans certains cas vraiment exceptionnels--------------, n'en est pas moins radicale, et cela n'est possible que si l'on sait lire bien évidemment, ou du moins si l'on veut bien essayer d'apprendre à lire, mais il ne semble guère que l'on, en général, s'avise, même si tout cela peut sembler pure tautologie et , sans doute, l'est depuis toujours.
Si même une bonne éducation, en admettant que cela puisse exister, ne saurait protéger contre des réflexes, contre des impulsions qui salissent, on voudrait bien, si possible, ne pas savoir ce à quoi conduit une mauvaise éducation.
Le fait qu'une bonne éducation soit impossible ne signifie nullement que l'on n'ait d'autre choix que celui d'une mauvaise éducation; à défaut d'une bonne éducation, il y a encore l'alternative d'une éducation qui s'efforce de n'être pas tout à fait vile.
Le fait qu'une bonne éducation soit impossible ne signifie nullement que l'on n'ait d'autre choix que celui d'une mauvaise éducation; à défaut d'une bonne éducation, il y a encore l'alternative d'une éducation qui s'efforce de n'être pas tout à fait vile.
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