Le passé ne revient jamais pour ceci que seul ce qui est déjà venu, ce qui est déjà arrivé, peut revenir, et le passé, qui n'est jamais encore passé ne peut évidemment revenir.
Seul ce qui est mort peut revenir, seul le revenant, le fantôme, ce qui n'existe plus est en mesure de revenir.
Le passé, c'est ce qui revient sans être venu et sans jamais venir, et il est véritablement terrifiant.
Il ne vous quitte jamais, même si parfois, si souvent, il semble tellement enfoui qu'on le croit à jamais mort, mais toujours le passé revient, impalpable, incertain, mais bien réel.
Mystère du passé qui sans cesse revient, mais qui n'a jamais été, n'aura jamais été, n'est jamais présent.
Il n'est jamais totalement absent, bien qu'il n'ait jamais été présent, ne soit jamais présent: c'est le passé et il n'est rien ni personne qui n'en soit prisonnier.
Sunday, July 26, 2020
Saturday, July 25, 2020
La générosité, y a-t-il rien de plus pernicieux, de plus maléfique? Elle fait de vous un éternel débiteur quand elle ne vous fait accuser d'ingratitude.
N'avoir besoin de personne, ne dépendre de personne, et ne pas se montrer envahissant, ce n'est guère facile, c'est d'autant moins facile qu'on n'y songe presque jamais.
Tout ce qui, d'une manière ou d'une autre, n'asservit point, peut contribuer à rendre libre, si tant est qu'on veuille être libre.
Toute dette, la dette elle-même, la réalité de la dette nonobstant, est toujours, bien plus qu'autre chose, symbolique et, donc imaginaire, ça ne mérite pas qu'on s'en laisse torturer.
Le mal que l'on fait n'est, pas plus que le bien que l'on fait, d'aucune conséquence véritable, et il faut être vraiment obtus pour y attacher quelque importance.
Ce qui est, ce qui vraiment est, c'est ce qui n'est pas, c'est ce qui, jamais peut-être, ne saurait pour soi être.
N'avoir besoin de personne, ne dépendre de personne, et ne pas se montrer envahissant, ce n'est guère facile, c'est d'autant moins facile qu'on n'y songe presque jamais.
Tout ce qui, d'une manière ou d'une autre, n'asservit point, peut contribuer à rendre libre, si tant est qu'on veuille être libre.
Toute dette, la dette elle-même, la réalité de la dette nonobstant, est toujours, bien plus qu'autre chose, symbolique et, donc imaginaire, ça ne mérite pas qu'on s'en laisse torturer.
Le mal que l'on fait n'est, pas plus que le bien que l'on fait, d'aucune conséquence véritable, et il faut être vraiment obtus pour y attacher quelque importance.
Ce qui est, ce qui vraiment est, c'est ce qui n'est pas, c'est ce qui, jamais peut-être, ne saurait pour soi être.
Saturday, July 18, 2020
Tout devrait inciter les êtres humains - ceux qu'on croit pouvoir ainsi nommer - à être tous des révolutionnaire, mais tout en même temps les en empêche, tout, c'est-à-dire la famille, peut-être même toute structure familiale, les institutions, le travail, la vie sociale telle qu'elle est diversement structurée, peut-être même la vie communautaire aussi, tout dit-on, croit-on, oubliant de comprendre que c'est ce qui fait obstacle à l'aventure révolutionnaire, c'est ce qui, justement, en détourne pour enfermer dans le quotidien, à côté duquel on ne fait que passer et dont la poésie, qui est effort de lecture et d'éciture, est comme invisible, inaudible, absente...
Le révolutionnaire, le vrai - le Bouddha (et non n'importe quel bouddha de taverne), Kant, Simone Weil - a forcément une vocation, qu'il aura su, sans même s'en rendre compte, développer, de martyr: il est toujours prêt à mourir à n'importe quel comment, de préférence la plume ou l'épée -instruments nullement indispensables cependant - à la main, tandis que le martyr, qui pourrait bien être un immense révolutionnaire, lui aussi, est le plus souvent - pas toujours - comme la négation du révolutionnaire, du moins de son vivant.
La parole, s'il y en a, révolutionnaire, est silencieuse, de même que l'action, s'il y en a, révolutionnaire est inactive, passive, et, parmi les modernes, c'est Nietzsche qui, le premier, l'aura rappelé.
L' action révolutionnaire, la pensée révolutionnaire ne se peuvent achever, à moins de s'auto- détruire: ce n'est qu'en ne cessant pas de s'écrire qu'elles réussissent.
La grande difficulté de tout désir de révolution, c'est qu'il est avant tout et essentiellement solitaire, et la solitude, que l'on ne confondra pas avec l'isolement (au sens courant), ni même avec l'état d'abandon, qui est peut- être impossible à trouver, l'est encore plus à inventer.
Il semble que pour avoir une réputation de révolutionnaire, il faut soit que l'on soit un jeune con, soit un vieux con, mais une réputation de révolutionnaire ne suffit pa, si l'on tient à être révolutionnaire.
Le révolutionnaire, le vrai - le Bouddha (et non n'importe quel bouddha de taverne), Kant, Simone Weil - a forcément une vocation, qu'il aura su, sans même s'en rendre compte, développer, de martyr: il est toujours prêt à mourir à n'importe quel comment, de préférence la plume ou l'épée -instruments nullement indispensables cependant - à la main, tandis que le martyr, qui pourrait bien être un immense révolutionnaire, lui aussi, est le plus souvent - pas toujours - comme la négation du révolutionnaire, du moins de son vivant.
La parole, s'il y en a, révolutionnaire, est silencieuse, de même que l'action, s'il y en a, révolutionnaire est inactive, passive, et, parmi les modernes, c'est Nietzsche qui, le premier, l'aura rappelé.
L' action révolutionnaire, la pensée révolutionnaire ne se peuvent achever, à moins de s'auto- détruire: ce n'est qu'en ne cessant pas de s'écrire qu'elles réussissent.
La grande difficulté de tout désir de révolution, c'est qu'il est avant tout et essentiellement solitaire, et la solitude, que l'on ne confondra pas avec l'isolement (au sens courant), ni même avec l'état d'abandon, qui est peut- être impossible à trouver, l'est encore plus à inventer.
Il semble que pour avoir une réputation de révolutionnaire, il faut soit que l'on soit un jeune con, soit un vieux con, mais une réputation de révolutionnaire ne suffit pa, si l'on tient à être révolutionnaire.
Friday, July 17, 2020
Toute contrainte, fût-elle bienveillante, ne fût-elle vécue comme contrainte, ne fût-elle qu'imaginaire, implique que ce à quoi l'on est contraint (par la loi, par la tradition, par les autres en général), non moins que ce à quoi l'on se (volontairement, comme on croit pouvoir le dire) contraint, que tout cela ne mérite probablement la moindre attention.
Toute existence humaine est, dès l'origine, contaminée par une dette que l'on n' pas contractée et dont on n'a même pas conscience.
Il faut savoir tenir les autres au loin, le plus loin possible, d'autant plus que ce n'est jamais facile.
Tout contact avec autrui, tout contact tout court salit, corrompt, empoisonne toute existence, mais on ne s'en, la plupart du temps, rend même pas compte, à moins qu'on n'en veuille rien savoir.
Si, en voulant aider, il (toujours) nuit, c'est sans doute qu'au fond il ne cherche pas à aider, n'en a pas envie.
Il est capable de faire du tort, du mal, parce qu'il veut le bien des autres, mais il ne faut pas croire qu'il n'en sait toujours rien.
Toute existence humaine est, dès l'origine, contaminée par une dette que l'on n' pas contractée et dont on n'a même pas conscience.
Il faut savoir tenir les autres au loin, le plus loin possible, d'autant plus que ce n'est jamais facile.
Tout contact avec autrui, tout contact tout court salit, corrompt, empoisonne toute existence, mais on ne s'en, la plupart du temps, rend même pas compte, à moins qu'on n'en veuille rien savoir.
Si, en voulant aider, il (toujours) nuit, c'est sans doute qu'au fond il ne cherche pas à aider, n'en a pas envie.
Il est capable de faire du tort, du mal, parce qu'il veut le bien des autres, mais il ne faut pas croire qu'il n'en sait toujours rien.
Thursday, July 16, 2020
Tout ce qu'on dit, tout ce qu'on fait, tout ce qu'on pense même, si tant est qu'on soit en capacité de penser, bref tout ce qu'on est, n'a ni l'importance, ni l'insignifiance que l'on a la sottise de le croire, mais qu'est-ce que c'est que cette putain de saloperie qu'on appelle une vie humaine!
Rien a beau ne pas vouloir rien dire, rien ne vaut absolument rien non plus, alors pas la peine d'en faire un plat!
S'attacher, tel un débile mental, tel un forcené à vivre, bien qu'on ait compris que toute vie ne vaut grand-chose, ne vaut, en définitive, rien, seul cette bizarrerie qu'est l'être humain en est capable!
Etre, comme tous les connards de la terre, convaincu d'avoir réussi..., d'avoir réussi quoi? Dieu lui-même qui, Dieu merci! n'existe pas, serait incapable de le dire.
Le seul acte rationnel qui soit est peut-être le suicide, mais il en va du suicide, du se-donner-la-mort, comme de la pensée: l'être humain n'en est, parce trop con et trop lâche, capable, il faut pour cela le surhomme ou un dieu!
N'accusez pas l'auteur (qui est-ce) de ces quelques lignes d'être ivre de contradictions: il le sait fort bien, mais il se dit qu'il a bien le droit de s'amuser un tout petit peu, lui aussi, quoique pas comme les autres, comme le troupeau (au sens de Nietzsche, bien évidemment).
Rien a beau ne pas vouloir rien dire, rien ne vaut absolument rien non plus, alors pas la peine d'en faire un plat!
S'attacher, tel un débile mental, tel un forcené à vivre, bien qu'on ait compris que toute vie ne vaut grand-chose, ne vaut, en définitive, rien, seul cette bizarrerie qu'est l'être humain en est capable!
Etre, comme tous les connards de la terre, convaincu d'avoir réussi..., d'avoir réussi quoi? Dieu lui-même qui, Dieu merci! n'existe pas, serait incapable de le dire.
Le seul acte rationnel qui soit est peut-être le suicide, mais il en va du suicide, du se-donner-la-mort, comme de la pensée: l'être humain n'en est, parce trop con et trop lâche, capable, il faut pour cela le surhomme ou un dieu!
N'accusez pas l'auteur (qui est-ce) de ces quelques lignes d'être ivre de contradictions: il le sait fort bien, mais il se dit qu'il a bien le droit de s'amuser un tout petit peu, lui aussi, quoique pas comme les autres, comme le troupeau (au sens de Nietzsche, bien évidemment).
Wednesday, July 15, 2020
Toute vie n'est qu'illusion et il ne s'agit même pas d'une belle illusion.
L'existence se consume en trivialités dont on feint de ne voir qu'elles sont des foutaises, parce qu'on voit bien justement que ce ne sont que des banalités.
La vie n'est peut-être autre chose qu'un accident, sinon pire, une plaisanterie, et on l'a probablement toujours su, et c'est pour cela que les humains se sont sentis obligés de nier que tel soit le cas et de s'aveugler.
Il tient à tout le temps démontrer qu'il est quelqu'un de supérieur, à l'instar de tous ceux qui, comme lui, sont des êtres inférieurs.
Ceux qui affirment, comme s'ils étaient déjà passés de l'autre côté de la vie - et peut-être sont - ils déjà de l'autre côté de la vie -, que la vie est un cadeau n'ont que le tort de ne pas ajouter que c'est un cadeau dont on se passerait aisément.
Seuls les fumiers, les pourris doivent défendre leur réputation, nullement les gens honnêtes et vertueux.
L'existence se consume en trivialités dont on feint de ne voir qu'elles sont des foutaises, parce qu'on voit bien justement que ce ne sont que des banalités.
La vie n'est peut-être autre chose qu'un accident, sinon pire, une plaisanterie, et on l'a probablement toujours su, et c'est pour cela que les humains se sont sentis obligés de nier que tel soit le cas et de s'aveugler.
Il tient à tout le temps démontrer qu'il est quelqu'un de supérieur, à l'instar de tous ceux qui, comme lui, sont des êtres inférieurs.
Ceux qui affirment, comme s'ils étaient déjà passés de l'autre côté de la vie - et peut-être sont - ils déjà de l'autre côté de la vie -, que la vie est un cadeau n'ont que le tort de ne pas ajouter que c'est un cadeau dont on se passerait aisément.
Seuls les fumiers, les pourris doivent défendre leur réputation, nullement les gens honnêtes et vertueux.
Ce que l'on entend ou, même, écoute est très différent de cela qui aura été dit, proféré, déclamé ou, encore, murmuré.
Toute lettre, même quand elle arrive à ce qu'on croit pouvoir appeler sa destination, en fait n'y arrive pas, car c'est une tout autre lettre, encore que la même, qui y arrive.
Ce que l'on désire n'est pas ce que l'on désire soi-même, mais le désir de l'autre, des autres en soi, intériorisé par le biais du langage, du symbolique, de l'Autre.
L'autre est mon pire ennemi, car mon ami, celui qui m'aide à vivre et m'en empêche.
C'est parce qu'on est conscient d'être soi-même, voire soi seul, responsable de ses propres malheurs - ce qui est particulièrement insoutenable - que l'on éprouve le besoin d'en blâmer un autre, un plus faible que soi de préférence.
Connaissez-vous rien de plus sale que l'humanité de cette invention qu'est l'être humain?
Toute lettre, même quand elle arrive à ce qu'on croit pouvoir appeler sa destination, en fait n'y arrive pas, car c'est une tout autre lettre, encore que la même, qui y arrive.
Ce que l'on désire n'est pas ce que l'on désire soi-même, mais le désir de l'autre, des autres en soi, intériorisé par le biais du langage, du symbolique, de l'Autre.
L'autre est mon pire ennemi, car mon ami, celui qui m'aide à vivre et m'en empêche.
C'est parce qu'on est conscient d'être soi-même, voire soi seul, responsable de ses propres malheurs - ce qui est particulièrement insoutenable - que l'on éprouve le besoin d'en blâmer un autre, un plus faible que soi de préférence.
Connaissez-vous rien de plus sale que l'humanité de cette invention qu'est l'être humain?
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