Tuesday, January 5, 2016

Au lieu de se préoccuper de savoir s'il y a une vie avant ou après la vie, il faudrait peut-être s'interroger au sujet de la vie durant la vie.

L'être humain serait-il possible sans la rhétorique?

On comprendra peut-être un jour que la vie, du moins la vie humaine, n'est qu'une figure de rhétorique.

Entre l'être humain et l'autre, il y a la rhétorique, et on ne sait ce qu'il en faut penser.

Aux mensonges de la rhétorique s'ajoute la rhétorique, inventée par l'être humain, du mensonge. Pourquoi? Par désoeuvrement, pour montrer qu'il est capable de bien mieux et qu'il n'est pas du genre à s'en laisser compter, ou encore pour découvrir la vérité. Allez savoir!

Il faut à l'être humain une vérité transcendentale, supérieure; d'où probablement l'invention du mensonge de la vie.


Le bien que l'on fait pour autrui est bien souvent, peut-être même toujours, aussi imaginaire que le mal qu'on leur fait.

On tend toujours, presque toujours, à exagérer sa bienveillance, sa générosité à l'endroit des autres; les autres n'exagèrent pas moins la bienveillance et la générosité en question, mais dans un sens opposé.

Aux autres il faut, autant que possible, ne rien demander; n'importe comment, on n'obtiendra d'eux rien de satisfaisant.

Il faut s'abstenir de faire quoi que ce soit pour les autres, car ils finiront, tôt ou tard, par vous le reprocher.

Ne pas contracter de dettes; on est toujours suffisamment endetté sans même avoir rien demandé.

Il y a sans doute une incompatibilité foncière entre la générosité et la sympathie ( au sens étymologique, bien entendu); toute la question, c'est de savoir si la générosité est possible sans quelque fond de sympathie.


Monday, January 4, 2016

Personne n'est obligé de se foutre à poil sur la place publique, mais il serait souhaitable que personne n'eût rien à cacher non plus.

Ne rien attendre des autres, ne rien, autant que possible, accepter d'eux non plus: non seulement est-ce dangereux d'en arriver, d'en être là, mais c'est surtout si peu digne, si peu noble.

Il est très difficile de vivre parmi les humains sans se salir, mais il semble bien qu'y parviennent certaines gens, et c'est absolument prodigieux.

Le premier devoir qui s'impose, s'imposerait  à tout être humain, c'est la protection des siens, mais combien y songent?

Il ne faut jamais accorder un trop grand crédit à la bonté et à l'intelligence des autres, ne serait-ce que parce que les autres ne sont,  en général, ni bons ni intelligents.

Quand les actes de bonté sont inspirés par le seul sentiment du devoir, on peut douter qu'il s'agisse bien de bonté.




Sunday, January 3, 2016

On ne comprend jamais rien à rien et on arrive, quoi qu'on fasse, toujours trop tard.

A quoi sert une vie humaine? A strictement rien et c'est bien mieux ainsi.

On s'ennuie, mais bizarremment on ne s'en ennuie pas.

La jalousie aisément en haine se transforme, mais uniquement chez ceux qui ne sont pas que jaloux.

On le méprise, mais il est tellement bouché qu'il croit qu'on est jaloux de lui et qu'on voudrait se mettre à sa place.

On s'enrichit toujours aux dépens des autres, et c'est probablement parce qu'on n'en veut rien savoir, qu'une fois devenu riche, on les ignore ou méprise.



Saturday, January 2, 2016

Si et quand la liberté ( de qui que ce soit) n'est possible qu'au prix de la domination et de l'oppression, on peut craindre que ce que l'on colporte alors sous le nom de liberté n'a rien à voir avec la liberté.

Autrui fait certainement obstacle à ma liberté, mais que vaudrait, autrui éliminé ou, moins brutalement, écarté (si tant est que cela soit possible), ma liberté à moi?

On souhaite la liberté afin de pouvoir faire ce que l'on veut, mais le problème ce n'est pas uniquement que l'on ne sait pas ce qu'on veut (reproche rituellement adressé aux autres, aux enfants surtout, à ceux que l'on juge, non sans quelque hauteur, enfantins,), ni que ce que l'on veut n'est pas ce que l'on veut, mais ce que l'autre en soi veut à sa place, mais qu'il ne s'agit même de cela et tout bêtement de ce que l'on croit vouloir l'autre en soi.

Si le sujet humain est bien plus un être de besoin, quand il ne serait qu'un être de besoin, qu'un être de désir, on doit se demander s'il est vraiment différent de l'animal.

C'est un ver de terre qui s'efforce d'oublier qu'il est un ver de terre, mais il a trop de mémoire.

Un être libre, ce n'est pas, comme on le pourrait penser, un amnésique, ou un mort,  mais un être hypermnésique qui serait en même temps quelqu'un d'activement et de joyeusement amnésique.



N'attends pas le dernier moment, car il est sûrement déjà passé.

Qui peut, moins qu'un parent, comprendre ses enfants?

On ne fait jamais rien pour personne; ni pour personne, ni même, peut-être, pour soi-même: c'est impossible; se pénétrer de cela et mener sa vie en conséquence.

Il faut bien se préoccuper des autres, mais seulement après s'être occupé des siens et de soi-même, et sans qu'il en puisse le moindre préjudice résulter, ni  pour eux ni, même, pour soi-même.

Les imbéciles aiment bien à prodiguer des conseils: ça leur procure le sentiment d'être intelligents.

Seuls un père et une mère savent ce qu'est la douleur, mais il leur faut encore être intelligents pour comprendre leur part de responsabilité quant à la douleur qu'ils érouvent, qu'ils subissent.



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Friday, January 1, 2016

Il rumine, il radote, il rêvasse, il ressasse, il fait des blagues, c'est un peu comme s'il se branlait sur la place publique, mais il est, lui, persuadé d'écrire et il y a même des gens qui croient qu'il écrit et qui l'en admirent.

Il est ridicule et pourtant il ne fait même pas exprès, mais il est vrai qu'il n'en est pas conscient.

On finira bien un jour par tout expliquer, mais comprendra-t-on jamais quoi que ce soit?

Il cherche à se moquer des autres, mais il est trop con pour comprendre que ses moqueries ne font que se retourner contre lui.

Qu'est-ce que l'être humain? Une erreur qu'il faut savoir effacer et dépasser; il faut tuer l'être humain en soi.

La vie est si pénible, est si pleine de frustrations, qu'il faut bien se demander pourquoi on ne choisit pas d'en finir le plus rapidement possible, mais peut-être bien que le sujet humain est trop paresseux, trop con et trop lâche pour ça.