Sunday, September 27, 2020

 L"emploi du terme "philosophie" par les philosophes eux - mêmes, par ceux en lesquels on voit, pour diverses raisons, bonnes et mauvaises, des philosophes, pour désigner l'activité à laquelle ils se consacrent, ne laisse pas de surprendre; qu'un autre dise de Foucault par exemple qu'il l'admire en tant que philosophen est déjà suffisamment étonnant, non que Foucault ne soit pas philosophe, mais quand on - pas n'importe qui, mais un grand professeur d'université ou tel érudit - aura affirmé de Foucault, ou de Derrida, ou de Lacan, que ce sont de grands philosophes, on ne sera pa plus avancé, vu qu'on pourra difficilement justifier en quoi ils sont philosophes. Certes, on pourra toujours dire qu'ils passent leur temps à philosopher, qu'ils font donc de la philosophie, voire, bien mieux encore, qu'ils en produisent. Il semble plus facile de comprendre ce que c'est que faire de la philosophie, dans la mesure où il s'agirait de conformer ses propos, son discours à celui d'auttes personnes tenues, à tort ou à  raison, pour philosophes, de les répéter ou de les imiter. On peut douter que le dernier des analphabètes lui - même souscrive à cela. Et la question de savoir ce qu'est la philosophie, le philosopher, ce qu'est un philosophe demeure toujours en attente de réponse.

Cependant, si on hésite à se dire philosophe soi - même, si le philosophe, lui - même, hésite à se dire ou à se croire philosophe, il n'hésitera pas, une seconde, à trouver que Platon, Aristote, Descartes, Hegel et (même) certains contemporains aussi , sont de grands philosophes. Mais, qu'est-ce qui permet de dire que Descartes et Hegel sont de grands philosophes? A quoi reconnaît - on que quelqu'un est philosophe, ou non?

Les questions que posent et se posent les philosophes ne datent pas d'hier et ne préoccupent pas que ceux que l'on dit ou sait philosophes. Ce qui distingue le philosophe, l'esprit philosophique, c'est la manière de poser, d'approfondir les questions, c'est la méthode inventée pour appréhender la réalité.

Saturday, September 26, 2020

 Il faut ne rien comprendre à la philosophie pour oser se dire philosophe.

Un jour peut - être viendra où l'on pourra se dire philosophe comme de nos jours on se dit commerçant ou politicien, mais ce sera parce que la philosophie, parce que l'objet de la philosophie aura alors cessé d'étonner.

Le philosophe doit, pour philosopher,  se retirer du monde, mais en y restant.

La difficulté de l'acte philosophique  a pour conséquence que bien des nigauds se persuadent de faire oeuvre philosophique.

La philosophie, ce n'est autre chose que la tentative toujours renouvelée et jamais réussie de comprendre les êtres et les choses.

Le philosophe consacre tout son temps à s'effacer et à effacer .


Tuesday, September 22, 2020

 Il est très difficile de vivre bien, mais, malgré tout, pas impossible, le plus difficile, c'est de mourir dans la dignité et la splendeur.

On ne pense ni à la vie, ni à la mort: quand on est en vie, parce qu'on se convainc qu'on vipleinement ou qu'on vivra pleinement bientôt; quand on est sur le point de mourir, parce qu'on n'a alors  plus le temps de penser à quoi que ce soit.

Philosopher, c'est apprendre à se pénétrer de ce fait tout simple: toute certitude est à l'être humain inaccessible, et c'est tant mieux. 

Bien des gens - voire tout le monde - rêvent d'être Napoléon; seul Napoléon ne voulait peut - être pas être Napoléon, mais il n'en savait rien.

Il y a quelque chose de pornographique dans tout désir de ressembler à quelqu'un, s'agît - il d'un personnage de fiction.

C'est parce qu'il avait voulu " être Chateaubriand ou rien, comme tout le monde", que Victor Hugo parvint à être Victor Hugo.



Saturday, September 5, 2020

 Savoir ce qu'il sied de faire à tout moment sans même avoir à réfléchir: toute formation ne vaut que si elle a cela pour finalité.

Rousseau, qui trouvait que l'homme est naturellement bon et que c'est la seule société qui le rend méchant, se trompait assurément et, peut- être même, volontairement, vu que l'homme est le meurtrier de l'enfance - il a fallu attendre Freud pour le savoir, cela, avant lui, seules certaines tribus le savaient, mais sans savoir qu'elles le savaient - et que l'homme, produit culturel et social est foncièrement mauvais, la société étant, sous des formes diverses, la guerre de tous contre tous.

Les utopistes ont, depuis toujours, compris qu'il faut s'en tenir à la vie communautaire, ce que, plus tard, confirmera la thermodynamique.

Vienne le jour où l'on n'aura plus besoin de gouvernement, vienne le jour où, à la place de l'homme, il y aura le sur - homme.

Il faut survivre d'abord pour vivre peut - être un jour, mais pour beaucoup, la vie, ce n'est qu'une interminable survie, ennuyeuse, sale et dégradante qu'ils font semblant d'aimer pour ne pas s'avouer qu'ils en ont horreur.

La vie n'est possible qu'au loin, loin de ces dégénérés que sont les êtres humains parmi lesquels il faut bien évoluer, mais avec lesquels il est impossible de vivre: l'humanité est une maladie et les êtres humains des virus.




Thursday, September 3, 2020

 Dès que l'on vient au monde, on commence à vieillir, mais quand on meurt, on est toujours très jeune, trop jeune.

On est toujours trop jeune pour crever, mais non pour être (au moins) méchant.

Il était indéniablement beau, mais si cruel que tout le monde finit par le trouver abominablement laid.

Il ne cherche pas à plaire, et pourtant..., tandis que d'autres ennuient sans même faire exprès.

Quand personne ne se rappelle ce qu'a dit un orateur, c'est soit qu'il a été trop éblouissant, soit que personne ne l'a écouté.

On s'oblige à trouver le spectacle superbe quand le prix des billets est exorbitant.




Monday, August 24, 2020

 Le penser et l'agir n'ont de sens que dans le silence et l'obscurité, faute de quoi ils ne sont que des catachrèses qui encouragent le voyeurisme.

D'avoir l'esprit toujours occupé ne signifie point que l'on pense, d'avoir l'esprit trop occupé peut même constituer un sérieux obstacle à l'exercice de la pensée.

Penser, c'est entrer dans rapport actif avec tout ce qui n'est pas soi, avec l'altérité de l'autre qui le laisse in - tact.

S'approcher  de l'autre sans s'en approcher, c'est en cela, en cette auto - négation qui n'en finit pas de soi. que consiste le penser de la pensée.

Agir sans agir, ce n'est pas ne pas agir: si seulement l'on pouvait comprendre cela!

Quoi que l'on fasse ou ne fasse pas, on ne peut que nuire à autrui et à soi - même jusque dans la mort et même au - delà de la mort.





 Les enseignants, les maîtres sont, en général, si nuls, si cons, si intellectuellement et moralement affreux, qu'il se faut bien demander s'il ne faudrait pas voir en eux de véritables dangers publics.

Si on a de la chance, beaucoup de chance, on peut rencontrer, dans toute une vie, un prof, un seul prof, qui fasse pour soi une différence telle que toute son existence s'en trouve transformée, mais tout le monde n'a pas cette chance - là.

Un prof, ça ne sert pas à grand - chose et c'est déjà pas mal, vu que, dans la plupart des cas, un prof, ça ne sert à rien de bon.

Si au moins les enseignants savaient enseigner, on accepterait de les écouter, mais - encore qu'il faille reconnaître qu'enseigner, c'est difficile au point d'être impossible - c'est tellement rare.

Enfant déjà, je n'étais guère impressionné par les maîtres, mais - est-ce pour cela? -j'ai, par la suite, eu de la chance.

Un prof, me parlant, un jour, d'un de ses profs à lui, que je connaissais et que je trouvais plutôt sympathique, me confia qu'il parlait de Molière comme un dieu -j'ignorais que les dieux parlassent de Molière et je doute encore qu'ils, si tant est qu'il y en ait, le fassent -, mais je crois que c'était pour lui une manière de parler, une formule, médiocre, pour dire son admiration, et voilà ce qui se passe quand on a l'admiration facile.