Friday, July 31, 2015

Au lieu de se demander pourquoi d'aucuns s'efforcent de rendre les salauds, les fumiers sympathiques, on ferait mieux d'identifier ceux qui se mettent en quatre pour offrir des pourritures une image romantique et attirante, tellement romantique et attirante qu'on finirait par croire que les salauds ne sont que des victimes.

Les avocats qui assurent la défense des voyous et des gangsters sont tout fiers de rappeler leur devoir de défendre les intérêts de leurs clients; fort bien. Mais qu'en est-il des intérêts de la justice?

Se créer soi-même à partir de rien, sans l'aide de qui que ce soit, ayant liquidé toute trace en soi qui renvoie à autre que soi, non par tel souci aiguillonné de narcissisme, mais tout simplement parce que l'on tient, ayant développé et compris ce besoin dans un horrible face-à- face avec soi-même, à sa propreté personnelle à soi.

Tout contact, et il n'y a pas que les contacts physiques et matériels, est toujours au moins un peu sale: s'efforcer, faute de pouvoir s'affranchir entièrement de tout contact avec autre que soi, d'en éliminer la saleté.

Ceux qui n'ont rien à se reprocher sont soit des saints, soit des naïfs, quand ce ne serait des monstres, et comme les saints ne manquent jamais de se toujours reprocher quelque chose, ..................

La plupart des gens feraient mieux de la boucler au lieu d'ouvrir la bouche ou de prendre la plume  pour répandre des immondices; mais ce sont ceux-là seuls qui ont des choses intéressantes à dire qui le plus souvent se taisent. Heureusement qu'ils ne se taisent pas tout le temps!






Thursday, July 30, 2015

Rien ne mortifie tant un gredin que de se savoir méprisé malgré qu'il soit riche devenu et puissant .

Il jouit d'une immense notoriété qu'il croit synonyme de gloire, et il se voit déjà immortel, alors qu'il en connaît dont de leur vivant même on avait oublié l'existence, qui, quelques années plus tôt, étaient admirés et fêtés à un point tel qu'on les eût crus destinés à éternellement vivre.

On ne s'interdira point d'admirer quelqu'un qui est puissant, mais à condition qu'il soit avant tout un être de haute probité morale doublé de quelqu'un de magnanime, qui serait également d'une intelligence redoutable; et ce n'est pas sa puissance qui le ferait alos admirer, mais ses qualités d'âme, de coeur et d'esprit.

Les gens qu'on admire ne sont pas ceux qu'on admire: on n'admire que soi-même, ce qui en eux (ceux que l'on admire ou croit admirer) rappelle ce qu'on est, croit être et ce qu'on a toujours obscurément souhaité être,et c'est ce que l'on croit  jusqu'à ce qu'un jour on comprenne que ce qu'on est ou croit être et ce qu'on souhaite être, tout cela n'a que très peu à voir avec soi-même.

Une personne intelligente ne peut que s'étonner qu'on la juge intelligente; sinon, elle ne serait pas quelqu'un d'intelligent.

Une crapule parviendra peut-être à se racheter si elle n'est ni honteuse, ni fière d'en être une.






Wednesday, July 29, 2015

Il est réconfortant, cela fait du bien de se dire qu'il n'y a pas d'imbécile, que chacun est, à sa manière, intelligent, surtout quand on est soi-même un indécrottable nigaud .

Une vie constamment visitée par des problèmes, hantée par des soucis, des angoisses en permanence, il n'y a que les êtres humains qui soient capables d'accepter cela.

S'il est vrai que les êtres humains furent, à tel moment de l'Histoire de l'Humanité, des êtres doués de raison, il est encore  bien plus vrai  qu'ils ne le sont plus.

Selon d'aucuns, les policiers sont, dans tel pays, des repris de justice, mais il y a pire: il est des pays où les repris de justice ne sont pas que des policiers, et il en est d'autres oû les criminels ne sont et ne seront sans doute jamais confrontés à ce qu'il est bizarrement convenu d'appeler justice.

Ils exagèrent, et donc se trompent, ceux qui pensent qu'il n'y a pas de différence entre les politiciens et les bandits: il y en a, mais  pas au sens où on le croirait.

Les gens les plus sérieux, les plus austères donnent souvent une impression de superficialité, de frivolité; cependant, on ne sait pas toujours, on ne sait jamais même si c'est parce qu'ils sont sérieux justement, ou si c'est parce que, ne se prenant pas au sérieux eux-mêmes, ils ne tiennent pas à être pris au sérieux.
 




Vouloir décider pour les autres, à leur place, il faut que l'on n'ait que du mépris pour soi pour y seulement songer.

On ne comprend absolument rien si on ne sait pas lire, surtout si, pour commencer, on ne sait pas que lire, c'est d'abord écouter.

La musique, pas n'importe laquelle, bien entendu,  peut apprendre à écouter; la peinture aussi, et peut-être même plus que la musique, notamment grâce à ces tableaux qui, pour peu qu'on s'y concentre, permettent, mieux que les autres, d'entendre le silence lui-même.

Pour écouter, il faut du temps, mais pour pouvoir aménager son temps à soi, il aura d'abord fallu apprendre à écouter.

Regardant une sculpture, on ne pourra être attentif au silence qui en émane que si on élimine tout ce qui s'interpose entre l'objet sculpté et soi-même et cela, qui peut avoir l'air d'une évidence, est étonnamment difficile.

Le mouvement est comme une propriété de l'image, de toute image, même de l'image immobile qui, en fait, n'existe pas, l'immobilité n'étant que l'effet illusoire produit par l'incapacité du spectateur,à ne point, du fait de ses insuffisances ou d'un état de ramollissement général, figer, pour son confort personnel, le mouvement de l'image.







De certaines personnes, l'envie est grande, irrésistible même, de dire qu'elles ont de la chance de ne savoir jusqu'à quel point elles sont méprisables, de n'avoir le moindre soupçon de leur degré d'abjection, et ce ne sont pas toujours celles que l'on croit; je ne voudrais certainement pas qu'aucune de ces personnes me lût, car je m'en pourrais   irrémédiablement souillé sentir.

Comme elle est belle, très belle,et qu'elle le sait, elle s'étonne qu'on la puisse trouver répugnante; elle est non seulement répugnante, mais elles est également bête, On lui pardonnerait volontiers d'être bête, on l'en pourrait même plaindre, mais le moyen de l'excuser parce qu'elle inspire de la répugnance! Personne ne regrettera, encore que plus d'une fille lui ressemble, que toutes les filles ne soient pas comme elles

Prendre le soin de ne  rien faire qui puisse permettre à un scélérat  de revendiquer le statut de martyr ou, même, celui de simple victime.

Il manque une éducation, que l'on ne confondra pas avec les diverses formes de dressage que l'on connaît, des réflexes, des réactions , des penchants de cet être que l'on dit humain, et cela commence par un assainissement total de l'environnement, multiforme et pluriel, auquel l'enfant déjà se trouve exposé. Cette éducation et cet assainissement, qui devraient être la tâche de tous, ne mobilisent  même l'attention de ceux qui en ont, compte tenu de leurs fonctions très officielles, la responsabilité exclusive. Dans cent ans peut-être, ........, mais que dis-je? Même mille ans n'y suffiraient, à moins, ......., à moins  d'une révolution totale qui transformerait radicalement l'être humain.

La Révolution, il n'y a que cela de vrai et de sacré, et elle est toujours violente, quoique pas au sens où on l'entend d'habitude; que peut valoir une existence qui n'eût pas été, ne serait-ce que pour quelques secondes, hantée par un idéal authentiquement révolutionnaire.

Un révolutionnaire, c'est quelqu'un qui, ayant su lire le Grand Livre de l'univers, a acquis les moyens d'y mettre le feu sans tirer un seul coup de feu, sans même frotter le moindre bâton d'allumette.














Tuesday, July 28, 2015

Bon nombre de ceux qui se croient intelligents ne sont en fait que de pauvres imbéciles, mais ce ne serait pas bien grave s'ils se contentaient de n'être que des imbéciles convaincus d'être intelligents. Ils vont cependant bien plus loin et s'enhardissent à tenir ceux qui sont vraiment intelligents pour des sots; la raison en est toute simple, toute bête et absolument mauvaise: non seulement sont-ils incapables de les comprendre, mais ils sont même incapables de comprendre qu'ils ne les comprennent pas.

Une réputation d'intelligence tient pour beaucoup lieu d'intelligence.

Ce n'est pas parce qu'un texte, dans quelque domaine que ce soit, est difficle, compliqué, obscur, que son ou ses auteurs seraient forcément intelligents; bien souvent, c'est la seule nullité du lecteur qui explique son admiration face à des oeuvres d'une banalité parfaitement ridicule.

Est-ce qu'on aimerait toujours l'oeuvre de tel auteur, celle de Bruckner ou de Joyce, par exemple, si on ne savait que l'oeuvre est de Joyce ou de Bruckner? Probablement pas; au fond, on n'est que des analphabètes dégénérés: ce n'est pas l'oeuvre elle-même, que bien souvent on est incapable de lire, que l'on aime, mais la célébrité, pas toujours méritée d'ailleurs, d'un auteur avec lequel on a la naïveté de vouloir s'identifier, que l'on admire.

Il faut, pour apprécier les vertus d'une oeuvre, d'une action, d'une simple parole, d'un geste, d'un silence, savoir lire, mais la plupart des gens ne sont que des illettrés, et l'on peut craindre que les plus illettrés d'entre eux ne soient ceux qui ont, comme on dit, de l'instruction,qui ont même de la culture, mais qui croient seulement lire.

La maîtrise technique et la virtuosité ont beau être, en quelque domaine que ce soit, impressionantes et admirables, ce n'est pas ce qui fait la grandeur d'une oeuvre; tout au plus s'agit-il là, dans le meilleur des cas,  de prouesses dignes d'un cascadeur, et personne n'osera parler du génie d'un cascadeur; surtout pas un cascadeur lui-même. Pourtant on n'aime et n'admire jamais tant une oeuvre que quand elle est comme boursouflée, démesuré, montrueuse, à croire que seul ce qui remplit d'une espèce d'horreur peut paraître à d'aucuns sublime. Mais à qui? A qui d'autre sinon à des esprits malades et bourrés de complexes?

Monday, July 27, 2015

Tenir les autres pour responsables de ses frustrations à soi, c'est, eût-on raison de le faire, un bien peu digne comportement à adopter, surtout si, en même temps, on a la naïveté de croire qu'on ne doit ses succès qu'à soi seul.

On n'est pas responsable que de ce qu'on fait, mais aussi de ce qu'on ne fait pas et de ce qu'on laisse faire.

Etre responsable, ce n'est pas tout bêtement un état, bien réel ou /et parfaitement imaginaire, mais tout un comportement à toujours réinventer, labeur quasi impossible, sans lequel cependant ce qu'on nomme l'humaine dignité n'est que de la rigolade, et franchement impossible, car inexistant, pour la plupart de ces bipèdes sans ailes qui ont l'insolence de se juger rationnels.

Ne s'attendre à ce que personne, s'agît-il d'un saint,  crée pour soi les conditions favorables à une vie idéale, même s'il les effectivement crée: il se les faut, pour peu l'expression vie idéale ne soit pas qu'une ignoble catachrèse, vu que s'il en est ainsi, elle (l'expression) a encore moins de sens qu'elle n'en pourrait avoir, soi-même créer, il se les faut soi-même efforcer de créer.

Une vie idéale? Cela dépend beaucoup de ce dont on fait l'idéal de sa vie et pour certains, dont on ne pourrait même dire que ce ne sont que des criminels, c'est la richesse, le pouvoir et les plaisirs par tous les moyens et à n'importe quel prix, surtout si ce sont les autres qui règlent la facture.

La richesse, le pouvoir, la force, la puissance, les plaisirs ne sont nullement condamnables, mais à la seule condition que personne n'en souffre.