Wednesday, November 26, 2014

Si  le mot démocratie lui-même n'est pas plus démocratique qu'antidémocratique, ce que, dans la réalité, on célèbre en tant que démocratie, est bien plus antidémocratique que démocratique, et  mériterait mieux d'être qualifié de dictature.

La dictature n'est pas toujours brutale et spectaculaire, mais c'est justement quand elle est comme invisible, qu'elle est plus dangereuse et malfaisante.

Les dictateurs ont l'air de savoir que le mot démocratie ----voire l'idée qu'il renferme aussi, mais le mot seul suffit d'autant plus que la plupart des gens n'y comprennent rien--------est un instrument particulièrement efficace pour asseoir un pouvoir dictatorial.

Ceux qui se gargarisent du mot démocratie, et même des concepts qui y sont attachés, feraient mieux d'essayer de lire Platon: ils comprendront peut-être alors qu'il n'y a peut-être rien de plus potentiellement périlleux que la démocratie, surtout si l'on n'est ni avisé, ni prudent, et les aveugles et les sots, autrement dit les politiciens, que l'on ne confondra pas vec les politiques, s'il y en a, et les foules ne sont ni avisés ni prudents.

Qui oserait affirmer être contre la démocratie? Il faut, pour cela, être un esprit supérieur, peut-être une âme supérieure aussi, mais qui comprend les esprits et les âmes supérieurs?

On ne parle jamais tant de volonté populaire qu'à certains moments de la vie collective et l'on va même plus loin en arguant du devoir de respecter ladite volonté; or il n'est pas sûr que cela soit possible, fût-on armé de dispositions exceptionnellement bien veillantes, pour la raison toute simple, toute bête, que le peuple lui-même, en tant qu'entité homogène et plurielle en même temps, n'existe pas, ne saurait même exister.






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